Provence des sens
Fille de la nuit qui s’achève
Belle et nue comme Eve
L’aurore ouvre ses yeux de lumière
Ses senteurs accrochées en bandoulière
De sa bouche gorgée de sucs vespéraux
Là où picotent les moineaux
Perle langoureusement l éphémère rosée
Elle caresse le floral gynécée
Encore un peu mouillées
Les aiguilles de pin que le soleil a doré
Ne craquent pas sous les pieds
Des lève-tôt émerveillés
La cigale endormie attend la chaleur
Ce n’est pas encore son heure
Son chant sera la touche finale
De ce beau tableau provençal
De ci de là les oliviers aux troncs entrelacés
Agrémentent la garrigue avec majesté
Certains sont des seigneurs puissants
Ils s’ embellissent au fil des ans.
Ici l’or est bleu et tapisse les champs
Son nom est lavande, son parfum pénétrant.
Subtilement s’exhale la Provence
En une irrésistible ivresse des sens
Je remplace volontairement le signe typographique apostrophe par un underscore ce qui ne signifie pas que je veuille me rebeller…